BlockMémo

À propos de l'autrice

La littérature scientifique portant sur le Mur de l’Atlantique, les blockhaus, l’organisation Todt est produite par des historiens ainsi que par des passionnés dont l’engagement sur ce sujet est souvent en lien avec un intérêt pour la valorisation des traces historiques qui affleurent sur un territoire. De ce fait, beaucoup de titres d’ouvrages désignent une zone géographique, un espace côtier ou une ville. Comme c’est le cas dans l’espace social, ce sujet commence à pénétrer le monde de l’édition dans les années 1970, pour croître au cours des décennies suivantes. D’ailleurs, c’est en 1968 que l’architecte et philosophe Paul Virilio a fait paraître l’ouvrage Bunker Archéologie dans lequel il explique qu’il est important d’« exhumer une réalité oubliée » en s’intéressant aux fortifications littorales allemandes.

Sans simplifier les effets de cet ouvrage sur les recherches qui suivent, on note toutefois un intérêt pour l’histoire des blockhaus qui s’intéresse par exemple aux actions engagées sur les différents terrains ainsi qu’aux moyens gigantesques (humains et financiers) qui ont été dépensés, et pas seulement du côté allemand.

Hormis l’histoire des édifices pendant la Seconde Guerre mondiale, d’autres travaux – et je m’inscris dans leur prolongement – s’attachent aux traces que ces derniers laissent dans l’espace physique et social. En dépit de leur grand intérêt, les recherches sur le sujet ne corrèlent pas entre elles les usages de ces bunkers. Ainsi sont-ils envisagés comme des traces collectives des formes de cohabitation entre présent et passé sans que les effets de leur présence ne soit mise au jour dans leur complexité. 

Pour traiter de cette problématique, ma recherche a pour ambition de comprendre les mécanismes qui traversent le processus de patrimonialisation de ces objets sociaux problématiques. Les terrains sont nombreux, les expériences foisonnantes ! 

Spécialiste des entrelacements entre histoire et mémoire et des médiations mémorielles, je propose donc de voyager entre Dunkerque et Biarritz et de faire découvrir des personnalités singulières et des projets de valorisation qui le sont tout autant.