Après l’armistice du 22 juin 1940, le Nord-Pas de Calais est officiellement déclaré comme étant rattaché au Haut Commandement militaire de Bruxelles, devenant de la sorte une zone réservée. Les conditions d’occupation sont donc relativement proches de celles que l’on observe en Belgique et isolent cette région du reste de la France. D’ailleurs, une ligne de démarcation (dans la Somme) sépare ces deux départements des autres qui sont occupés. En outre, à partir du mois d’avril 1941, une bande côtière d’une largeur de 20 à 30 km est interdite d’accès ; elle fait partie de celle qui longe le littoral et qui court de Dunkerque à Hendaye, permettant aux Allemands d’organiser leur défense avec la construction du Mur de l’Atlantique.
Brutale, l’occupation allemande exerce une pression continue sur les populations civiles du Nord et du Pas-de-Calais qui voient ainsi se rejouer ce qu’elles avaient déjà connu lors de la Première Guerre mondiale. Pendant quatre années, la répression militaire conduit à la déportation de milliers de personnes. Dès 1940, des Juifs sont arrêtés et la spoliation des biens se met en place au début de l’année suivante. Le 11 septembre 1942, une rafle est organisée à Lille-Fives. Sur les 600 Juifs recherchés, 40 à 50 sont sauvés grâce à l’action de cheminots agissant depuis la gare de Lille. 513 personnes sont toutefois acheminées vers des camps de concentration dont 17 seulement reviendront. Dans leur ouvrage, Être Juif dans Nord et le Pas-de-Calais, les auteurs expliquent que, si à partir du mois de mars 1942, les particularités de la zone réservée s’estompent, les ordres en matière de lois raciales s’empilent quant à elles, car elles viennent de Bruxelles, de Vichy et de Paris, selon des chronologies décalées qui sont une singularité de cette zone.
Dans son ouvrage, La Répression allemande dans le Nord de la France 1940–1944 (2013), Laurent Thierry expose lui aussi les spécificité régionales de la répression ainsi que celles de la résistance et de leur évolution jusqu’à la Libération. Justement, dans le du Nord et le Pas-de-Calais, la résistance se met rapidement en place. En 1940, dans la région de Dunkerque avec l’Opération Dynamo, elle concerne des actions individuelles d’aide et de soutien. Elle se structure un peu plus tard, par exemple en 1941, à l’occasion d’une grève rassemblant 80 000 mineurs – « sur les 150 000 que compte le bassin minier » coordonnée par le Parti communiste (27 mai-6 juin). La grève éclate à la fosse de Dahomey, à Montigny-en-Gohelle (situé à 19 km de Lens), puis s’étend à l’ensemble du bassin minier. Au départ, les revendications portent sur les conditions de travail (ravitaillement, cadences…) avant d’adopter une tonalité patriotique. D’ailleurs, au cours de l’été qui suit, « un combat sans merci oppose, dans le bassin minier, les groupes d’action du Parti communiste et les polices allemandes et françaises qui agissent en totale collaboration ».
Évidemment, ces grèves sont sévèrement réprimées, les Allemands ne pouvant pas accepter de voir contesté leur pouvoir dans une région qu’ils érigent en forteresse « dans le cadre de la poursuite de la guerre contre les Alliés ». En outre, convaincus que le débarquement, si celui-ci est organisé, se fera sur les côtes du Nord, ils redoublent d’efforts pour en assurer la surveillance. Sur le site internet de la Coupole, centre d’histoire, planétarium, 3D, on peut lire cette explication :
La présence militaire des forces allemandes y est beaucoup plus dense que sur le reste du territoire français. C’est notamment le cas à l’été 1940, pendant les préparatifs d’un débarquement en Grande-Bretagne qui n’aura pas lieu, et en 1943-1944, quand le littoral du Pas-de-Calais devient la zone la plus puissante du “Mur de l’Atlantique”, celle où tout le monde attend un débarquement allié. La concentration est d’autant plus importante dans les derniers mois de la guerre que la région rassemble sur son territoire la majorité des sites de tir des armes nouvelles nazies, les V1 et V2.
Évidemment, ces grèves sont sévèrement réprimées, les Allemands ne pouvant pas accepter de voir contesté leur pouvoir dans une région qu’ils érigent en forteresse, « dans le cadre de la poursuite de la guerre contre les Alliés ». En outre, convaincus que le débarquement, si celui-ci est organisé, se fera sur les côtes du Nord, ils redoublent d’efforts pour en assurer la surveillance. Sur le site internet de la Coupole, centre d’histoire, planétarium, 3D, on peut lire cette explication :